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septembre 17, 2008

Le nazisme comme produit des Lumières

Un des plus grands succès de l’idéologie contemporaine est d’avoir installé durablement l’idée que le nazisme était réactionnaire – donc, profondément de droite, et que par effet de miroir tout ce qui était de “droite dite-dure” était assimilable au nazisme (cf. la ridicule utilisation du terme rafle par les biens-pensants).

Rien n’est plus faux, pourtant. Le nazisme est à de nombreux égards, une idéologie impossible sans les “apports” conceptuels des prétendues-Lumières (qui fondent l’identité de l’Europe selon la Bibliothèque Nationale).

Sur ce sujet polémique, je tenterais de faire court. Trois fondamentaux issus des Lumières du XVIII ème siècle ont mis le pied à l’étrier au nazisme (sans pour autant le générer nécessairement, cela est un autre sujet) :

- l’humanité fondée par les textes

Les Lumières abattent l’idée de Dieu (à défaut de le tuer, le mettent au placard). Avec Dieu s’envole l’âme, si j’ose dire. Ainsi notre “humanité” ne découle-t-elle plus de la Création divine, de la “glaise dotée d’une âme”. Comment la fonder désormais ? Au travers de textes considérés comme fondateurs, constitutions, manifestes et déclarations diverses. Or les textes sont des produits de l’activité humaine. Notre “humanité” s’en retrouve donc précarisée, livrée aux humeurs de l’activité législative, y compris lorsqu’elle devient folle, comme avec le nazisme.

« Le passage à l’acte hitlérien ne consiste pas seulement en une pratique légalisée des assassinats, il est accompli déjà dans le fait de rédiger la législation comme texte purement fonctionnel. Une telle législation n’est pas un texte, mais un geste comptable d’essence bouchère. » in Le crime du caporal Lortie, Pierre Legendre

Ce qui est fondamental ici, c’est de repérer le nazisme en son essence non pas à ses conséquences (la pratique légalisée des assassinats en masse) mais dans les principes qui le fondent, ou plus exactement dans l’effondrement des principes qui le rend possible. À partir du moment où le droit devient un dispositif technique, qu’il perd son statut de Référence, la folie n’est pas loin, et le cortège d’horreurs qui la suit. Le droit est un texte qui comme tel s’oppose au geste comptable. Le texte institue l’humanité de l’homme. Le geste comptable l’oublie pour ne s’intéresser qu’à la viande, soit les corps placés dans des dispositifs de production. (commentaire sur Pierre Legendre)

Cette régression du statut de l’homme donnait ainsi naissance à des formules odieuses impossibles avant les Lumières : ” Ces hommes étaient rayés du livre de la République, on m’avait dit de les faire mourir sans bruit… ” (Capitaine Laly, du ponton “Les deux Associés”, 1794).

L’idée que l’homme n’est qu’un tas de viande et d’os est ainsi un produit paradoxal de l’humanisme des Lumières. L’homme chrétien est doté d’une âme. Supprimez l’âme, et vous n’avez plus qu’un animal, doublé d’un citoyen. L’homme de la féodalité s’inscrit dans un système complexe de services à double-sens. Le citoyen au contraire, ne se définit qu’en tant que propriété comptable d’un Etat, qui peut s’en débarrasser du jour au lendemain.

Conséquence immédiate : comment se “débarrasser” en masse de groupes décrétés comme “déshumanisés”. A quelle époque de l’histoire humaine la question du meurtre de masse s’est-elle posée auparavant ? Jamais à ma connaissance. La Révolution se pose ouvertement la question de l’amélioration des techniques du meurtre de masse : c’est l’invention des pontons, des noyades de masse comme à Nantes, ou celle de la guillotine. La guillotine, techniquement possible dès les Moyen-Age, n’était alors pas nécessaire. C’est aussi la naissance du génocide moderne, dont les critères établis par la jurisprudence de Nürnberg sont réunis dans le cadre de la Vendée. Ce meurtre de masse sera porté, par les totalitarisme nazis et communistes, à l’ “excellence technique”.

- la société comme sujet d’expérimentation (esprit de système, victoire de la philosophie)

Les Lumières voient la victoire des philosophes. Reprenant le fantasme platonicien, les philosophes se vivent en ordonnateurs éclairés de la société. Comme Jeremy Bentham, ils proposent aux gouvernements, monarchiques ou républicains des constitutions, des lois, des règlements carcéraux, etc. Tout est sujet de connaissance et de classement, y compris l’art dont l’harmonie est le résultat d’un système (cf. Rousseau : dissertation sur la musique moderne). Les sociétés humaines n’échappent pas à cet activisme curieux. Il faut refonder les relations humaines et les régimes politiques, et les philosophes qui le prônent sont tous disposés à s’en charger. L’esprit de système dissèque les nations et les régimes comme des taupes ouvertes épinglées à une planche de liège. Conséquence de cette vanité humaine : le médecin-légiste se croit supérieur au créateur, car il peut fouiller les rouages, dont il prétend comprendre le fonctionnement. Les totalitarismes ne sont pas concevables sans cette prétention à réorganiser la société en dehors des cadres du droit naturel.

- l’homme comme sujet d’expérimentation

Le fantasme de réorganisation de la société, heureusement, se heurte à la nature humaine, cause de l’échec des grands systèmes totalitaires du XX ème siècle. Mais une fois l’homme déshumanisé, pourquoi ne pas modifier l’homme lui-même ? “Extirper le fanatisme” (1789) ou “l’individualisme bourgeois” (1917), ou bien développer une race supérieure, tout ces “progrès” font de l’homme un sujet d’expérimentation, que le scientisme demande et la déshumanisation lumineuse permet.

L’ “expérimentation sur le matériau humain”, symbole de l’horreur nazie, est un produit de cette régression de l’homme au statut d’animal. Le philosophe français Pierre Legendre a tenté de montrer que le nazisme, surfant sur le scientisme et le matérialisme des Lumières, le pousse à ses limites : le meurtre de masse. Ce meurtre de masse, décomplexé par le nazisme, serait aujourd’hui à l’oeuvre dans l’avortement.

Sommes-nous sortis (du nazisme) ?

Non répond Legendre, nous n’avons pas liquidé le nazisme. Et nous n’en aurons pas terminé avec lui tant que nous n’en aurons pas terminé d’abord avec la bio-politique, les techniques qui l’autorisent, et les fins qu’elle poursuit : des règles pour le parc humain

Tout est-il à jeter dans les Lumières ? Ce n’est pas mon propos. Et je ne le crois pas. En revanche, je crois que le lien de filiation conceptuel entre le nazisme et les Lumières est constitué. C’est pourquoi les catholiques devaient impérativement, et plus que tous les autres, combattre le nazisme. C’est aussi pourquoi les catholiques contemporains devraient prendre leurs distances avec les conséquences et les concepts des Lumières donc l’action néfaste est de plus en plus visible.

(Un sujet bien vaste et traité bien vite. Je vous invite à me laisser vos contributions et références pour la mise à jour et le développement de l’idée.)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . un blog conservateur parmi tant d’autres . . .

La guerre civile européenne.

Dans un post précédent je faisais référence à la notion de « guerre civile Européenne » pour qualifier les deux guerres mondiales. C’est une référence qui peut effectivement paraître surprenante au premier abord ; Mais il y a un moment déjà, qu’après avoir lu Ernst Nolte et Dominique Venner, j’ai fait mien ce concept, tant il me paraît juste. Et je vais essayer de le clarifier.

« Il y avait déjà longtemps, écrit Voltaire en 1751, que l’on pouvait regarder l’Europe comme une espèce de Grande République, partagée en plusieurs états, les uns monarchiques les autres mixtes, mais tous ayant un même fond de religion, tous ayant les mêmes principes de droit public et de politique inconnus dans les autres parties du monde. Ces par ces principes que les nations Européennes ne font point esclaves les prisonniers, qu’elles respectent les ambassadeurs de leurs ennemis et qu’elles s’accordent surtout dans la sage politique de tenir entre elles une balance égale de pouvoir. » (cité par Dominique Venner, Le siècle de 1914, p ;9)

Au lendemain des deux guerres, il ne restait plus en Europe que les ruines de son ancienne civilisation, tandis que s’imposait la domination sans partage de puissances étrangères, le démocratisme libéral Anglo-saxon et le communisme Soviétique (l’Europe gouvernée ici par des sénateurs américains, là par des commissaires soviétiques, selon le mot célèbre de Raymond Aron) ; La première guerre mondiale ayant sonné le glas des trois empires (Allemand, Austro-Hongrois, Russe) et des aristocraties qui charpentaient l’Europe, la seconde celui des mouvements révolutionnaires fasciste et national-socialiste.

Voltaire lorsqu’il évoque cette « Grande République » illustre bien la conscience que des hommes éclairés avaient déjà à cette époque d’une appartenance européenne, très antérieure au concept moderne d’Europe, d’une identité commune, d’une communauté de culture grecque, celte, romaine, franque et chrétienne.

Mais c’est Ernst Nolte (La guerre civile Européenne, 1917-1945) qui développe le premier ce concept de « guerre civile Européenne », en partant du constat que la prise du pouvoir par les bolcheviks en 1917 en créant une situation totalement inédite (un parti/ état minoritaire animé d’une puissante idéologie prenant seul le pouvoir dans un grand pays et prêchant une guerre civile à l’échelle nationale et internationale), en exprimant l’intention, crédible, de bouleverser radicalement le monde entier, a provoqué une réaction en chaîne dont est, en partie, sorti le nazisme. Pour Nolte, c’est cette peur de la révolution communiste- perçue comme révolution antinationale- qui a provoqué l’émergence d’un vaste mouvement contre-révolutionnaire et antibolchevique, dont les nationaux-socialistes étaient un des groupes les plus radicaux. Nolte, qui fut diabolisé et ostracisé en Allemagne par une certaine gauche et extrême gauche pour cette théorie dite du « nœud causal », mais aussi parce qu’il osa comparer communisme et fascisme (normal  Italien ou radical Allemand, selon sa distinction) en arguant de leur nature totalitaire commune, fut rejoint secondairement par François Furet : « ce type d’interprétation comporte une part de vérité, dans la mesure ou la peur du communisme a nourri les partis fascistes, mais à mon sens seulement une part : car elle a l’inconvénient de masquer ce que chacun des régimes fascistes a d’endogène et de particulier au bénéfice de ce qu’ils combattent en commun. » (Fascisme et communisme, commentaire/Plon, P.45)

En déclarant la guerre civile mondiale, Lénine a inauguré un processus incontrôlable, lui même induit en partie par la première guerre mondiale et le gigantesque traumatisme -ensauvagement- qu’elle a provoqué au cœur de cette société Européenne.

C’est cet enchaînement funeste –première guerre mondiale, naissance de ce parti/ état bolchevique de la guerre civile, émergence des mouvements contre révolutionnaires fascistes devenant à leur tour des partis/ états de guerre civile et internationale- qui constitue cette guerre civile Européenne qui prend fin en 1943 et 1945 avec l’écrasement du fascisme Italien et du fascisme Allemand. Cette guerre civile européenne, décrite et analysée par Nolte, est devenue après 1945, une guerre civile mondiale qui n’a pris fin qu’en 1991 avec l’implosion du système soviétique.

source : http://hoplite.hautetfort.com/archive/2007/05/29/la-guerre-civile-europeenne.html

intolérance …

septembre 17, 2008

En lisant les commentaires sur

http://le-drapeau-rouge.skynetblogs.be/post/6252602/rions-un-brin#comments

Outre les railleries sur les initiales , tendance homophobe(pd) , puis scato (oui Ph =Papier hygiénique …) mais sans gravité puisque c’est le sacro-saint Gregg qui les utilise , remarquez que l’intervenant Ph Duquesne ne les a pas insulté , ni titillé … Gregg logiquement n’est pas irrité par le commentaire de Ph , mais il se permet quand même ; moqueries insultantes , on ne se refait pas hein …

Vu que les insultés ont de la dignité , ils ne porteront pas plainte eux …

Enfin voila le commentaire qui montre que malgré ses beaux discours , il est intolérant , et quand il dit qu’il est contre le cordon sanitaire , qu’il est pour la liberté d’expression ( qu’il revendique pour certains terroristes) … il ment ! voici la preuve ;

17-09-2008, 11:05:41
taïaut!
Merci Ph (papier hygiénique, c’est cool) pour ton info concernant la manif du fn.
J’ai trouvé ceci à ce propos (en attendant un post complet):

Manifeste avec nous contre le Front National le 4 octobre !
En prévision des élections régionales de juin 2009, le « nouveau FN », reconstitué à la suite de l’écartement de Daniel Féret, et fort du ralliement de l’ancien FNB, passe à l’offensive. Le nouveau FN a l’ambition de mettre sur pied un véritable parti d’extrême-droite doté de structures efficaces. En s’affirmant « radicalement différent du vieux FN », il lance une opération de charme visant à se donner une nouvelle image, débarrassée des pratiques de gangsters et des sagas judiciaires qui ont dominé jusqu’ici son existence.

Par Cédric, MAS Bruxelles

Le parti néo-fasciste veut organiser un meeting pré-électoral le 4 octobre dans la commune de Molenbeek, sur le thème « L’insécurité, une catastrophe bruxelloise ». Le choix de la commune de Molenbeek n’est pas anodin : le FN entend cibler ce qu’il nomme les quartiers « les plus victimes de l’immigration ». Molenbeek étant en outre une des communes les plus pauvres de la région bruxelloise, avec un taux de chômage avoisinant les 40%, le FN a trouvé là un terrain fertile pour alimenter son discours attribuant tous les maux aux étrangers.

Le FN : un néo-fascisme assumé…
Le nouveau FN n’a rien renié de ses vieilles attaches idéologiques : Patrick Sessler, secrétaire général du parti, affirme ne rien regretter de ses rencontres avec Léon Degrelle, pas plus que de son salut nazi sur la tombe de Franco, dont le règne fut selon lui « salutaire » pour l’Espagne. Michel Delacroix, le président du parti, déclare quant à lui sans complexe : « Je déteste l’escroquerie structurelle qu’est le socialisme et tous ses avatars mous et ces dérivés. Je ne déteste pas Karl Marx: je le hais. Il est le paroxysme morbide du judéo-cartésianisme.»

…au service des riches et des patrons
Le FN prétend être le défenseur des citoyens ordinaires et des petites gens. Il n’y a rien de plus faux. Dans le débat sur la crise du pouvoir d’achat, le FN, en affirmant par exemple que « Nos entreprises sont handicapées par un coût de main d’œuvre parmi les plus élevés du monde », a clairement choisi son camp : celui du patronat. Sessler voit quant à lui dans l’imposition de la personnalité juridique aux syndicats « qui paralysent le développement économique et sont aujourd’hui l’une des causes du chômage », une des trois mesures les plus urgentes à appliquer dans notre pays.

Nous ne pouvons laisser les néo-fascistes francophones s’organiser ! Le 4 octobre, Résistance Internationale organisera une manifestation dans les quartiers de Molenbeek pour dénoncer la tenue du meeting raciste du FN. Aidez-nous à construire cette mobilisation, non seulement pour démontrer en nombre notre opposition à l’extrême-droite, mais aussi pour avancer une réponse socialiste à la politique anti-sociale menée par les partis traditionnels.

Qu’on se le dise!
http://le-drapeau-rouge.skynetblogs.be

Gregg

La contre-manifestation fera en sorte que la première soit interdite , c’est dans ce but là avec en prime le risque de bagarre , vu que certains extrêmes gauchistes aiment cela…

Donc “pour éviter” tout affrontements (comprendre en vue d’imposer le dictat de la pensée unique ) la manif du fn sera vraisemblablement interdite (tout comme on interdit les manifs de comémoration du 11/09, mais pas celle le w-e avant qui criait à la manipulation et au révisionnisme …)

Gregg aime ce dictat , il sera de la manif , 1 pour ne pas bosser lol, 2 pour “sortir des sentiers battus ” , en fait ce sera un mouton de plus manipulé par les médias et les politiques …

Car n’oublions jamais ;

le chômage c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

l’insécurité c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

les prix augmentent c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

les salaires stagnent c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

vous perdez vos cheveux c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

problème d’érection c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

le standard perd un match c’est de la fôôte à l’estrêêêmeuh droate

avant chaque élection on nous sert la même chose …

Je ne suis pas un partisan du FN mais bien de la liberté d’expression et si ils ont raison , que le FN est néo-fasciste (non pas parce qu’il s’oppose au ps et à marx comme dans le texte de gregg) , ce sera facile de le démontrer , via des débats , des expériences vécues … et non en faisant de la prohibition d’idée …

Gregg participe à ce cordon , il n’est qu’un petit pion !

Pour quelqu’un qui ne boit pas , il en parle souvent , est ce une cure des AA ?

Qu’on se le dise …

septembre 17, 2008

En lisant les commentaires de ce blog , on sent des tensions entre Gregg et moi , certes , je m’efforce de démonter sa propagande , il se vante souvent sur son blog de moultes beuvries avec ses comparses , puis lorsqu’on tire en conclusion qu’il est alcoolo , il s’en défend …

A lire sur son blog …

http://le-drapeau-rouge.skynetblogs.be/post/6252602/rions-un-brin#comments

16-09-2008, 13:51:49
ah?
elle était au central? c’est qui?
par contre je me souviens bien d’avoir berdelé avec ta directrice…no comment…
et on va encore dire qu’on ne parle que de nos bitures haha!
ben oui voilà on a bu et alors???
http://le-drapeau-rouge.skynetblogs.be
Gregg
<!– –>
16-09-2008, 12:50:14
chargé, je veux bien croire
une de mes ouvrières m’a parlé de l’état du staff dans la nuit de samedi à dimanche!
oufti!
<!– –>
Grand Sénéchal

Je ne lui reproche pas de boire loin de là , c’est sa vie , son corps , il fait ce qu’il veut , mais qu’il ne se vente pas puis faire l’indigné !

Il n’assume pas voila tout !

PQ

septembre 17, 2008

J’avoue. J’ai acheté Siné Hebdo. À la suite de «l’affaire Charlie-Hebdo », je savais que Siné était ce soixante-huitard irrécupérable, adversaire résolu de l’identité française et européenne, du christianisme, et de toutes les valeurs que nous défendons. Je savais tout cela.

Je ne pouvais pourtant m’empêcher de penser que Siné, après avoir été broyé par la cabale médiatique, après avoir été attaqué de façon aussi surréaliste, après avoir franchi les limites « autorisées» par la pensée unique, que Siné donc, dénoncerait dans son nouveau canard l’absurdité du communautarisme victimaire et l’instrumentalisation antiraciste, au moins dans un article aux allusions subtiles et détournées, sinon en l’affirmant haut et fort.

Le temps que je surmonte mon aversion à l’idée de mettre mes deux euros — prix du journal — dans la poche de Siné, tout avait été vendu… 140 000 exemplaires, partis comme des petits pains. Ainsi que les 10 000 gratuits de la fête de l’Huma. De quoi aiguiser la curiosité…

Or, hier matin, surprise. Dans le kiosque d’à coté, un exemplaire de Siné Hebdo. Montée d’adrénaline. Et si l’on me voyait ? Allait-on m’accuser de lire un brulot antisémite ? Allais-je être la cible du Bétar au détour d’une ruelle ? La peur au ventre, j’effectuai la transaction avec le sympathique maghrébin qui tenait le stand. Lui au moins ne me trahirait pas…

Tremblant d’émotion et d’impatience, je me préparai à dévorer ce brûlot que j’espérais révélateur d’une rebellion tardive mais sincère, prémisces d’un irrésistible mouvement de masse faisant enfin tomber les tabous et rendant aux yeux de tous la propagande du système ridicule et inutile. Un truc comme ça.

Une fois la couverture à l’humour potache tournée, un éditorial de Siné promet un journal “rebelle et dissident”, accompagné d’un dessin ouvertement anti-catho, pro-gay, et deux blagues sur la grossesse de Rachida Dati. Bon.

Plus loin, un article de Guy Bedos (”Le Sarkozysme EST primaire. On lui répond dans sa langue”), un autre de Michel Onfray (”Le crétin utile vote à droite, mais on le trouve également à gauche, notamment dans son aile droite”), puis un billet de Raoul Vaneigem (”Entre interdire une opinion nauséabonde et condamner un trait malséant, caricatural, humoristique, le pas est vite franchi.”). Et un dessin où un rabbin, un curé et un imam s’étripent.

Au fur et à mesure de la lecture, mes illusions s’estompaient. Page après page, la classique ritournelle contre les ennemis de la bourgeoisie gauchiste bienpensante : les patrons, la police, le capitalisme, le christianisme, une charge contre les beaufs à la plage, une tribune en faveur de l’anarchisme… Pas un seul article, pas un seul dessin sortant de la doxa habituelle.

La dernière page montre un dessinateur recroquevillé de peur, craignant pour sa vie face aux ennemis puissants dont il encourt le courroux par son irrévérence caricaturale. Qu’il se rassure, il ne court aucun risque.

En résumé, une cruelle déception. Un concentré de pensée unique, de bons sentiments de façade. La même rebellion de carton-pâte que depuis des décennies…

Le numéro 2 de Siné Hebdo sort aujourd’hui. Ne l’achetez pas.

one more time

septembre 17, 2008


le Che capitaliste.gifTout le monde connaît l’inénarrable trogne de Che Guevara; son faciès velu et désobligeant orne quantité d’objets les plus futiles. Il y a peu encore, je voyais des agendas scolaires ornés de sa délicate frimousse, comme si l’achat de cet objet ô combien socialisant embelli par cette figure à l’ampleur presque christique, était l’apogée, que dis-je, le parangon de la classe branchouille et révolutionnaire.

Nul doute que tout étudiant qui aura commis cet investissement se verra gratifié de l’admiration ravie de ses camarades agrémentée d’une pointe de jalousie amère à chaque fois qu’il l’exhibera fièrement à l’issue d’un cours. Ce que ces écervelés qui se prennent pour d’énergiques rebelles ignorent sans doute aucun, c’est que le Che, s’il était encore en vie à ce jour, les aurait à n’en point douter, abattus courageusement d’une balle dans le dos après les avoir jugés hâtivement (étape facultative) et traités de fascistes, ou pire encore, de bourgeois (ce qu’ils sont, à leur plus grand déshonneur, je le concède). Ces jeunes assoupis et enivrés de mollesse mériteraient bien un soufflet doublé d’une obligation de se munir, non pas d’un agenda Che Guevara, mais d’un tant soit peu de jugeote. J’en souhaiterais presque le Che soit encore en vie, cet ennemi farouche du capitalisme, rien que pour qu’il puisse verdir d’une insupportable rage en constatant à quel point l’ingénieux commerce s’est accaparé son aura pour en faire un atout majeur de vente et ainsi atteindre des chiffres d’affaire faramineux. Ironie du sort, pourrais-je dire. Les affaires vont d’autant plus aller bon train que nous célébrons en ce fatal jour endeuillé, le trépas du sieur Guevara qui a eu la très bonne idée de quitter ce cruel monde depuis quarante ans. Quarante ans de négationnisme historique, de relativisme culturel, de T-shirts Che Guevara et de mensonges procommunistes.

Finalement, en quarante ans, rien n’a changé, il y aura toujours des crétins de gauche qui iront vous dire que le Che était un homme exceptionnel, humaniste exemplaire et idéaliste, qui vous distribueront une image romantique et pure de cette homme et en profiteront pour faire le discret panégyrique du courage communiste. En ce qui me concerne, je retiendrai cette date fétide comme le jour pleinement consacré aux abrutis arborant ingénument sur eux une représentation d’un des plus inflexibles meurtriers du siècle dernier (puisse le Saint Esprit ou toute autre entité lumineuse leur faire réaliser que porter un T-shirt du Che ne vaut guère mieux que d’en porter un à l’effigie d’Himmler. Ô effroi, j’entends déjà s’élever claironnantes des voix rédemptrices m’affirmer que le communisme est amplement meilleur que le nazisme, ben tiens…) et par la même occasion l’énième et éclatante preuve de la gaucherie de gauche qui idolâtre des simulacres de fausses idoles en se permettant de falsifier et d’instrumentaliser l’histoire à des fins purement idéologiques, pour ne pas dire, propagandistes (et là nous nous rapprochons pernicieusement des fameuses photographies truquées qui circulaient il y a quelques décennies au sein de la Russie soviétique, sauf que nul n’ira admettre que cette hérésie se poursuit encore en notre époque rayonnante, une paire d’œillères bien ajustées faisant partie de l’attirail du parfait petit citoyen crétin). Cette énième manifestation de ce tropisme gauchiste (repris d’ailleurs par notre munificent et fienteux président lors de L’Affaire Guy Môquet) devrait pourtant en inquiéter plus d’un.

George pwned le CheQuitte à ce que ce long pamphlet soit de quelque utilité, qu’il permette d’instruire le gauchiste errant pour qui ces lignes subversives semblent iniques de l’imposture de cet homme dont on nous vante encore la sainteté et qui est devenu, excusez-moi du peu, un nouveau Christ pour jeunes branchouilles (le catéchisme les ayant ennuyés pendant l’enfance, il fallait bien trouver un substitut à ces ouailles candides), qui au lieu de fureter trois heures au H&M du quartier, feraient mieux d’aller ne serait-ce qu’une fois dans leur vie dans une bibliothèque (oui, cela existe encore) consulter un ouvrage historique (mais point ceux, falsifiés et incomplets qu’on met entre les mains des élèves pour mieux les abêtir).
Ainsi, lors de la période qui précédait la prise de pouvoir, notre cher Che, implacable, a assassiné un malheureux et sans doute famélique gamin qui a commis l’effroyable péché de gourmandise en voulant subtiliser de la nourriture; ce simple témoignage suffirait à introduire le personnage dans toute son amabilité. Pour ceux qui penseraient innocemment que notre vaillant héros aurait eu quelque repentir et se serait ensuite comporté d’une façon exemplaire, je n’ai qu’à citer le surnom évocateur qui lui fut de bonne grâce attribué lorsqu’il était responsable de La Cabana, une prison qui fut le badin théâtre de joyeuses atrocités: el carnicerito, le petit boucher. En ce lieu le Che s’adonne à de frivoles joies, comme l’exécution de plus de 200 opposants, la torture qu’elle soit morale et physique, ainsi qu’aux privations sur de pauvres hères déjà éprouvés par les conditions inhumaines de l’incarcération. Le Che va notamment massacrer des médecins opposés à l’oppression communiste (n’importe qui prenant le Che comme la superbe allégorie de la liberté devrait reconsidérer son jugement).

Tout gauchiste armé de sa bonne conscience éprouverait une profonde pitié ainsi qu’un apitoiement certain pour les clochards. Il est singulier que nombreux parmi eux détiennent des objets à l’effigie d’un homme qui a mis sous détention les mendiants pour pollution visuelle. Personnellement, je trouve qu’il s’agit là d’une idée judicieuse de sa part; si on pouvait faire de même en désengorgeant toute cette indigence qui vient importuner le passant honnête et en chassant les pitoyables quémandeurs qui viennent sempiternellement importuner les voyageurs dans les transports publics en jouant faux de leurs instruments désaccordés, en psalmodiant des suppliques larmoyantes (suivies d’injures fleuries si personne ne daigne donner de pièce), en tendant un moignon sale, ou encore en exhibant des animaux en bas âge pour mieux apitoyer le chaland! Quoi qu’il en soit, cette pratique n’est pas compatible avec l’idéal complaisant et pseudo-humaniste des gauchistes. Notre gentilhomme déclarera même: “Nous avons fusillé et nous fusillerons tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort.” Si seulement on pouvait par la même occasion fusiller ceux qui portent ces T-shirts d’infamie!

Starche CoffeeOutre la création de camps de travaux forcés afin de rééduquer les récalcitrants aux joies idylliques de la révolution cubaine, notre cher Guevara va aussi détruire toute l’économie cubaine, qui s’en sortait pourtant convenablement. Par une politique tout simplement socialiste, il mit en place une réforme agraire mettant en commun les terres et bannissant le droit à la propriété. Ce fut un échec prévisible; ôtez sa terre à n’importe quel paysan suffisait à le démotiver, et à juste titre; c’est comme si on confisquait d’office l’intégralité du salaire d’un employé, qui doit pourtant continuer à travailler sans jamais jouir du fruit de son labeur. On comprend vite l’aberration communiste. L’armée allait même jusqu’à contrôler la distribution des semis. Le marché cubain de la canne à sucre, faisant autrefois la fierté du pays a lamentablement chuté, de même que l’industrie de la chaussure qui avait pourtant permis à bon nombre de cubains de vivre décemment. En contrepartie, le Che leur a offert le tourment de la Terreur cubaine, tandis que celui-ci s’établissait dans l’un des quartiers privés les plus riches de la Havane.

Qui pourrait encore raisonnablement voir en cet homme lâche, tyrannique, borné et crédule un être libre, clément, sage et honorable? Comment peut-on encore assimiler cet ingrat visage de tortionnaire, de tyran, à l’image sereine et vénérable de la liberté? Sans oublier le fait que le Che n’était qu’un misérable pantin obéissant naïvement à un Fidel Castro qui finira vite par trouver le petit roquet importun, trop obséquieux et extrême. Che Guevara était l’équivalant d’un Félix Dzerjinski, et ni plus ni moins qu’un gamin capricieux et naïf qui voulait que tout le monde pense comme lui et qui aurait mérité enfant une bonne paire de claques, un petit tyran insipide qui n’en avait strictement rien à faire d’un peuple qu’il a précipité dans la misère et utilisé à des fins personnelles, un homme pratique pour faire les basses œuvres en permettant à Fidel Castro de respirer une sainteté toute relative. Celui-ci, jusque dans la mort misérable du Che finira par l’instrumentaliser à profit en l’élevant au rang de martyr politique.

Che is deadVoilà quarante ans que cette chiure a quitté le monde, mort sans aucun honneur lors d’une embuscade; qu’attendons-nous pour cesser le tri sélectif et jeter à jamais le Che dans les poubelles de l’histoire? Qu’il rejoigne à perpétuelle demeure toutes les pourritures et les ordures de son acabit, au lieu de laisser cet homme mauvais se faire recycler par de jeunes crétins ignares et déprimés, abrutis par des décennies de relativisme historique, abêtis par la frénésie du consumérisme qui leur permet d’oublier le vide cosmique de leur médiocre existence. Le Che demeure encore à ce jour, une icône de l’inculture et de la dégénérescence de notre société. Il ne reste plus à souhaiter au peuple cubain qu’un homme éclairé tel le général Pinochet vienne sauver Cuba de l’excrément communiste qui la laisse gésir dans la souillure de cette révolution inique et redonne à ce pays et ses habitants l’espoir de revenir en arrière, avant 1959, quand Cuba progressait grâce à un capitalisme juste et prospère.

source : http://blog.leaule.com/?p=145

Che Guevara, «un bourreau fanatique»

Dans son livre, «La Face cachée du Che», Jacobo Machover, un exilé cubain, brise l’image héroïque et humaniste du révolutionnaire argentin. Interview…

Dans votre livre, vous détruisez le mythe de Che Guevera, décrit comme un «bourreau implacable», qui fume le cigare en regardant les exécutions. D’où vient son statut d’icône?
C’est une construction post-mortem. Deux types de personnes y ont contribué. Castro lui-même, qui en a fait un héros presque surhumain, un grand penseur et un humaniste, et les intellectuels du monde entier, en particulier français, qui le considèrent, comme l’a affirmé Sartre, comme «l’homme le plus complet de notre temps».

Il a été assassiné jeune. Cela y a-t-il aussi contribué?
Oui. Et c’était le moyen, pour Castro, de donner une image éternellement jeune à la révolution cubaine, alors que Castro vieillissait, et que la révolution elle-même devenait obsolète.

Comment expliquer l’engouement des intellectuels français pour le Che à l’époque?
C’était comme un souvenir des premières années de l’internationale communiste. Le Che incarnait l’internationaliste mort au combat, avec des réminiscences de la guerre d’Espagne. Les intellectuels français avaient besoin de croire à un demi-dieu, et le Che convenait tout à fait pour trois raisons. Parce qu’il a fait des études de médecine -sans être médecin -, parce qu’il avait une certaine culture, et parce qu’il parlait un peu français – très mal, mais cela donnait d’illusion qu’il était polyglotte. Le tout donnait l’image d’un humaniste prenant les armes malgré lui, ce qui est faux. Sa légende est une entreprise de mystification collective.

Cette image a-t-elle évolué aujourd’hui dans ces milieux?
Quand j’ai parlé du projet de mon livre, certains intellectuels m’ont dit «il ne fait pas casser tous nos rêves». Regis Debray, qui a frayé avec lui, est revenu sur ses positions et a décrit le Che comme un fanatique extrémiste. Mais Régine Deforges, par exemple, vient d’écrire un article dans l’Humanité où elle parle du «poète de la Cabana», la prison où il participait aux exécutions des anti-révolutionnaires… Dans le registre politique, Olivier Besancenot se réclame de lui.

Comment l’expliquez-vous?
J’hésite entre l’ignorance et la complicité. On a du mal à comprendre, surtout pour les familles des victimes. Mais je penche plutôt pour la complicité.

Que vous inspire le marketing autour de la figure du Che?
J’espère faire faire faillite à toutes les boîtes qui la reproduisent à la chaîne sur des posters, drapeaux, sacs, ou sur des maillot de bains, comme j’ai pu le voir dans un article du Sunday Times ce week-end.

Vous dites au début du livre que vous étiez vous-même un «admirateur de Che Guevara». Quand et comment en êtes-vous revenu?
Mon père travaillait avec lui comme interprète. Puis on a dû s’exiler en 1963, et nous n’avons pas pu revenir. De mon côté, je me suis documenté, puis j’ai profité d’une période d’ouverture de Cuba pour m’y rendre, à la fin des années 1970, et là j’ai tout de suite compris. La surveillance constante, la délation… Sur place, j’ai vu la panique sur le visage d’une amie quand je lui ai dit que, comme tous les étrangers, j’étais surveillé. Parler à un étranger est un délit, même si bien sûr ce n’est écrit nulle part, mais on peut toujours vous accuser d’intelligence avec l’ennemi. Ce voyage coïncidait avec la fuite massive des Cubains. 125.000 d’entre eux ont fui en Floride à ce moment-là. On est bien obligé de se poser des questions: Pourquoi autant de monde fuit-il le «paradis socialiste»? A mon retour, j’ai commencé à écrire.

Comment les Cubains le perçoivent-ils aujourd’hui?

Ils ont toujours eu de lui une image imposée. Les enfants sont élevés dans le culte du Che, dont l’image trône toujours à La Havane. Mais en même temps, les gens se souviennent de ce que le Che a fait, il y a la mémoire des exécutions, qui faisaient la Une des journaux, et des prisonniers. Il n’y a personne sur l’île qui n’ait été victime ou ne connaisse une victime du Che. Ces aspects sont occultés. Mais aujourd’hui, les langues se délient.

Vous dites que Castro a instrumentalisé Guevara, qui s’est révélé lui-même assez naïf…
Oui, il était naïf de croire qu’il pouvait travailler en dehors du contrôle absolu de Fidel et de son frère Raul. Le Che n’avait pas l’intelligence de Fidel, qui l’a utilisé comme instrument au service de sa politique extérieure, et s’en est débarrassé en temps voulu. Le Che se croyait plus utile vivant que mort, ce qui n’était pas l’avis de Castro. Che Guevara a fini par déranger tout le monde pour trois raisons. D’abord parce qu’il a revendiqué, en 1964, les exécutions à la tribune de l’ONU alors que Castro n’en parlait plus à ce moment-là. Ensuite parce qu’il a rencontré le chinois Mao sans l’accord de Fidel. Enfin parce qu’il a critiqué l’Union soviétique dans son discours d’Alger. C’était insupportable pour l’URSS et Castro, qui l’a alors envoyé au Congo pour se faire tuer. Finalement, il sera assassiné des années plus tard en Bolivie. Le régime cubain aurait pu le faire exfiltrer, mais Raul, qui ne l’aimait pas, a dit: «qu’il aille se faire foutre, l’Argentin». Personnellement, c’est dans sa mort, à Santa Clara, que je le trouve le plus humain, quand il cesse d’être un «héros», un fanatique imperméable à tout sentiment.

Qui seraient ses héritiers, aujourd’hui?
J’espère qu’il n’y en a pas! Sur le plan de «l’humanisme révolutionnaire» et des doctrines économiques, c’est le régime en place à Cuba. Si l’on prend en compte sa conception de la lutte armée, ce sont les mouvements fanatiques, comme les Farc en Colombie. Et si c’est sur le plan de la cruauté, ce sont les mouvements terroristes actuels.

Et sur l’image du «héros romantique»?
Je ne vois pas où est son romantisme. Il prononce le mot «amour» mais dit en même temps qu’il «doit prendre des décisions douloureuses». Drôle d’amour… Il revendique celui pour l’humanité, mais à ses yeux quiconque qui n’est pas capable de cet amour là doit être éliminé…

Ce type de déclarations ou d’écrits du Che sont-elles la source de l’immense «malentendu» que vous décrivez dans le livre?
La plupart des gens ne l’ont pas lu. Et puis il y a des phrases inventées, qu’il n’a jamais prononcées, mais qui donnent l’illusion d’un guérillero au grand coeur. Quand la démocratie sera rétablie à Cuba, je souhaite que le premier geste soit de décrocher son effigie et de débaptiser la «place de la révolution» pour redevenir la «place civique», son nom d’avant. Car pour nous, une bonne partie des Cubains, Che Guevara est le symbole et la réalité de l’oppression à Cuba. J’espère une démocratie qui ne soit ni romantique, ni héroïque. Juste une démocratie banale, mais qui permette de rétablir la vérité sur les victimes du régime castriste et sur le Che.

Comment pourrait-elle advenir?
Peut-être par un ras-le-bol de l’armée. Les révoltes populaires sont improbables, tout est si contrôlé… Il faut surtout une pression internationale, ne pas reconnaître la succession au sein de la tyrannie castriste, qui est une caricature de la révolution.

*ed. Buchet Chastel, 14 euros.

(Source: 20 minutes)


02.01.2007

Communisme et lassitude.

Par hasard, j’ai écouté ce jour la fin d’une émission de France Culture, « Du grain à moudre », souvent intéressante d’ailleurs, et consacrée –oh miracle- à JF Revel récemment disparu, à travers le livre hommage qu’ a écrit Pierre Boncenne (Pour JF Revel, Plon. 2006).

J’ai suivi avec plaisir la discussion entre Besançon, Sirinelli et Boncenne, malheureusement parasitée par les péroraisons de Julliard. Revel, présenté à tort par la clique gauchiste médiatico-intellectuelle comme anticommuniste primaire, était un érudit et un intellectuel de premier plan dont la constance de l’engagement antitotalitaire, dans la lignée de Raymond Aron, mérite le respect.

J’ai repensé à ce petit livre indispensable retraçant la correspondance entre Furet et Nolte (Fascisme et communisme, Plon. 1997) au sujet de la proximité idéologique des deux phénomènes totalitaires. Cette proximité, défendue par Revel dans nombre de ses ouvrages, mais aussi par Alain Besançon (Le malheur du siècle, Fayard) constitue toujours un tabou en France et explique sans doute en partie la haine tenace et l’ostracisme dont il fut l’objet, sa vie durant et même après sa mort.

Et c’est sans doute parce qu’il existe un négationnisme procommuniste beaucoup plus hypocrite, plus efficace et plus diffus que le négationnisme pronazi, sommaire et groupusculaire, mais dont le comité de vigilance citoyen anti fasciste nous rebat les oreilles à longueur de journée, la danger étant bien sur majeur.

L’organisation de la non repentance à l’égard du communisme aura été la principale activité politique de l’ultime décennie du siècle, comme l’organisation de sa non connaissance aura été celle des sept décennies antérieures.

Le succès périodique du négationnisme procommuniste donne à tout nouveau livre rétablissant certaines vérités, et en particulier esquissant le parallèle sacrilège entre communisme et nazisme, l’apparence de la découverte (Qu’on se rappelle le tollé de la gauche, y compris la gauche non communiste, après la sortie du « Livre noir du Communisme » et la sortie grotesque de Jospin à l’Assemblée…). Or on n’en finirait pas d’aligner les citations dés 1918 pour l’appréciation exacte du bolchevisme, et dés 1933 pour la comparaison entre les totalitarismes, ou figurent déjà des constats et des arguments sans appels, mais aussi sans grands résultats sur la reconnaissance des crimes communistes.

Dans son « Passé d’une illusion » (Robert Laffon, 1995), François Furet (ancien communiste lui même) consacre un long passage à l’historien Allemand Ernst Nolte, qui avait fait l’objet avant lui d’une condamnation sommaire en Allemagne et en Occident pour avoir théorisé cette comparaison interdite.

On se rappelle pourtant d’André Gide, écrivant dans son retentissant « Retour de l’URSS » : « Je doute qu’en aucun autre pays aujourd’hui, fut-ce l’Allemagne de Hitler, l’esprit sois moins libre, plus courbé, plus craintif, terrorisé qu ‘en URSS». Et le doyen respecté des historiens du fascisme, Renzo de Felice (plutôt de sensibilité socialiste d’ailleurs), déclarant en 1988 comparant Hitlérisme et communisme : « La vérité en conclusion est qu’il s’agit de phénomènes identiques ; Le totalitarisme caractérise et définit le Nazisme comme le communisme, sans aucune différence réelle ; peut-être l’ais-je dis avec brutalité, mais j’estime que le moment est venu de s’en tenir aux faits et de briser les mythes faux et inutiles. » (Actes du colloque « Le stalinisme dans la gauche Italienne », mars 1988)Furet et Nolte évoquaient à la fin de leur correspondance la thèse de « l’inutilité du vrai », dont s’était déjà emparé Revel dans « La connaissance inutile » (Grasset, 1988). Alain Besançon dans son « Malheur du siècle », en s’interrogeant à son tour sur les raisons de « l’amnésie du communisme et de l’hypermnésie du nazisme », et s’il reconnaissait le caractère unique et incomparable de la Shoah, concluait que les différences entre les deux totalitarismes sont dans la nature des motivations et non dans le degré du mal.

Pour Revel, « Ce qui distingue le communisme du Nazisme, ce n’est pas le système du pouvoir, il est identique dans les deux cas. C’est que le premier est une utopie et non le second ; Lorsqu’ Hitler supprime la démocratie et crée des camps d’extermination, il réalise ses idées et tient ses promesses. Lorsque c’est Lénine qui le fait, il réalise le contraire de ses idées et trahit ses promesses. Mais il le nie au nom de l’avenir qu’il prétend radieux. L’utopie rend légitime la déconnexion entre les intentions et les actes » (Fin du siècle des ombres, Fayard)

C’est la le paradoxe de l’après communisme : pourquoi y a-t-il encore tant de « compagnons de route », alors qu’il n’y a plus de route ?

source : http://hoplite.hautetfort.com/archive/2007/01/02/communisme-et-lassitude.html

Le (bou)ché

septembre 17, 2008



De toutes ces années où l’Europe a collaboré avec les Soviétiques, en pleine guerre froide, alors que cette alliance lui promettait la terreur et la soumission, de toutes ces années de lâche compromission, il reste les portraits de Che Guevara. Cet immonde personnage, responsable de l’édification des premiers camps de concentration à Cuba (dans la baie de Guanaha), tête pensante de l’instrumentalisation de la jeunesse cubaine, responsable de centaines de morts arbitraires, cet assassin psychopathe, grand admirateur de Lénine, est porté par des centaines de milliers d’imbéciles à travers tout l’Occident.

“Je ne peux accepter quelqu’un qui n’a pas le même avis que moi” se plaisait à dire Guevara, dont le premier fait d’arme a été d’avoir ordonné la mort d’un gosse de douze ans qui avait volé de la nourriture alors qu’il marchait avec les guerrilleros dans la montagne. Parmi les autres “exploits” du grand révolutionnaire socialiste qui passait sa vie dans le quartier le plus riche de la Havane, la ruine de la banque centrale cubaine – dont il eut la direction pendant un certain temps – ainsi que l’exécution sommaire de guerrilleros luttant contre Battista mais comptant également lutter contre la dictature nouvelle instaurée par Fidel Castro.  (voir “le livre noir du communisme”, Paris,  Robert Laffont, 1997, pp. 763-764)



Vidéo , la Baf bouscule les porteurs de T-shirt “ché ” made in taïwan lol

http://labaf.blogspot.com/2006/10/nettoyer-les-rues-du-che-wipe-che-out.php


Il serait sain de s’interroger pourquoi, il y a quelques années, nous avons entonné une chanson populaire dédiée à cet assassin, pourquoi, tous les jours, nous voyons passer des centaines de personnes arborant la tête de l’un des plus grands malades du XXe siècle. L’Europe gauchisée et la gauche américaine l’adorent. Le socialisme étant par nature une idéologie totalitaire, Che Guevara est devenu son emblème.

Alors que nous fêtons la mort et la descente aux enfers d’une autre pourriture – Mao -, je propose à tous les lecteurs de ce blog de sortir le champagne le 8 octobre prochain. Cela fera 40 ans que la CIA a éliminé le Che. ça se fête.

Et si par hasard vous aviez un t-shirt du personnage, brûlez-le, et arborez fièrement le visage d’un vrai révolutionnaire de la liberté :

T-shirts disponibles ici : http://www.thoseshirts.com/reagan.html

Pour plus d’infos, lire :

“Le Che, le bras assassin de Castro” (en anglais)

http://frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=19823

Le Che, la machine à tuer” (en anglais)

http://www.independent.org/newsroom/article.asp?id=1535

“Le véritable Che Guevara” (en anglais)

http://www.newcriterion.com/archive/23/oct04/che.htm

“Le véritable Che” (en anglais)

http://www.sfherald.com/columnists/fontova/the_real_che.html


Che Guevara, l’envers du mythe.

Fidel Castro se referait sans cesse à la révolution Française : le Paris Jacobin avait eu son Saint Just, La Havane des guérilleros avait son Che Guevara, version latino-américaine de Netchaïev (nihiliste et révolutionnaire Russe qui soutenait la thèse selon laquelle le révolutionnaire doit accentuer les souffrances du peuple, afin que celui-ci trouve le courage de se révolter…).

Etant donné l’état de santé précaire du Leader Maximo, il fait peu de doute que nous allons devoir subir à court terme une avalanche de commentaires sinon bienveillants du moins complaisants ou indulgents à l’égard du dictateur Stalinien tropical.

C’est donc l’occasion de revenir sur cet autre personnage mythique de la révolution Cubaine, dont l’effigie orne encore bon nombre de chambres d’étudiants..

La jeunesse et les voyages.. qui la forment.

Fils de bonne famille né à Buenos Aires en 1928, Ernesto Guevara sillonne très jeune le sous-continent américain. Ce jeune bourgeois fragilisé par un asthme chronique termine ses études de médecine après un périple à mobylette entre la Pampa et la jungle d’Amérique centrale. La jeunesse de Guevara fut tourmentée, instable et indécise : un père lointain, indulgent mais peu sécurisant, une mère fantasque, cultivée et politisée. medium_child-young-2.jpgLes témoignages directs sur l’enfance du Che sont rares, souvent de peu de valeurs et rédigés à posteriori dans le culte du héros. Des récits sur sa jeunesse, il suffit de retenir comme élément décisif pour l’adulte, l’asthme et le rapport qu’il entretint avec cette maladie, les longs voyages en Amérique Latine et ce qu’il y cherchait. Dans son « Journal de Bolivie » (Paris, Maspero, 1968), il écrit : « pendant vingt-neuf ans , j’ai eu une compagne : l’asthme » : l’homme inflexible des années soixante s’est partiellement forgé à travers la lutte contre cette maladie. Le tourment essentiel de sa jeunesse ne fut cependant pas sa maladie mais l’anxiété qui s’exprimait à travers ses longs voyages. L’univers de Guevara fut ordonné dés la jeunesse autour de deux pôles extrêmes : le riche, arrogant, brutal criminel…et le misérable¸humilié, exploité, dépossédé ; Curieusement, alors que sa famille n’était pas pauvre, il avait dés la jeunesse fait de son monde, un monde de pauvreté, de désordre et de brutalité, négligeant volontiers son hygiène et son apparence physique. On retrouve ce penchant à la morbidité dans son journal de Bolivie, ou il consigne scrupuleusement ses mauvaises odeurs, ses troubles intestinaux.. Globalement c’est un sentiment de détresse qui ressort de cette jeunesse rude et chaotique.

Au début des années cinquante, il rencontre la misère au Guatemala à l’époque du régime progressiste de Jacobo Arbenz qui est renversé par les Américains ; Guevara apprend à haïr les Etats-Unis. « J’appartiens, de par ma formation idéologique à ceux qui croient que la solution des problèmes de ce monde est derrière ce que l’on appelle le rideau de fer », écrit-il à un ami, René Ramos Latour, en 1957 (1).

Il se marie une première fois durant l’été 1954 avec Hildéa Gadéa, militante marxiste, censée avoir jouée un rôle déterminant dans sa culture politique. « Quand on est révolutionnaire, l’important c’est de rencontrer une bonne camarade, la beauté n’a pas d’importance », dit-il au journaliste J P LLada. Guevara quitta sa première femme et sa fille en 1956 pour s’embarquer sur le Granma, puis il quitta la seconde et ses quatre enfants en disparaissant en 1965 : cela ne prouve pas forcément qu’il ne tenait pas à eux, cela illustre l’absolutisation de la Révolution par le révolutionnaire.

La jeunesse de Guevara apparaît donc austère; elle n’a rien de séduisant ni d’exceptionnel, rien non plus qui annonce une grande destinée ; Ce qui manque, c’est la source de la violence, du fanatisme, de cette exaltation de la haine qu’on trouve chez le personnage public surtout à la fin de sa vie : « Nous devons dire ici ce qui est une vérité connue que nous avons toujours dite au monde : oui nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu’il le faudra » (2)

Cette capacité de violence et cette audace à la justifier ne furent pas sans attrait pour une certaine jeunesse des années soixante.

Guérilla et révolution

Une nuit de 1955 au Mexique, il rencontre un jeune avocat cubain exilé, qui prépare son retour à Cuba : Fidel Castro. Cette rencontre est cruciale : désormais Guevara a un but, il est prét à « mourir en pays étranger pour un idéal si élevé » (5).Guevara décide de suivre ces Cubains qui débarqueront sur l’île en décembre 1956. medium_che_guevara1.jpgNommé dans les maquis commandant d’une colonne, il se fait très vite remarquer par ses aptitudes exceptionnelles au combat et à la guérilla mais aussi par sa dureté (à son égard et à celui des autres) et son ascétisme. Ce partisan de l’ « autoritarisme à tous crins », selon son ancien compagnon de Bolivie Régis Debray (4), qui veut déjà imposer une révolution communiste, se heurte à plusieurs commandants cubains authentiquement démocrates. Le choix en faveur de la lutte armée, le rejet des voies démocratiques, électorales est désormais clair : tout ce qui n’était pas lutte violente n’était pour lui que « trahison » (5). Roger Marsant diplomate à la Havane et proche du Che l’a décrit ainsi : « Cet homme n’aimait que la mort (…) Sa passion ne pouvait s’assouvir que dans le combat dans l’ombre, dans la guerre d’embuscade (…) En se rapprochant du pouvoir, il avait laissé se développer en lui une sorte de psychose de la destruction qui le poussait à écraser ceux qu’il dominait et à abattre ceux qui le dominaient ». Le monde de Guevara fut toujours d’une simplicité radicale: nous vs  les autres ; cette rigidité jointe à une violence latente, en fit un personnage redoutable, d’autant plus redoutable que bientôt il eut un immense pouvoir.

Il fit partie des 82 hommes qui partirent avec Castro en novembre 1956 pour Cuba, sur un petit yacht appelé “Granma”. Ils furent attaqués et défaits juste aprés leur débarquement par les troupes de Batista, informées de leur expédition. Les survivants (une vingtaine seulement) fuirent et trouvèrent refuge dans les montagnes de la Sierra Maestra, d’ou ils lancèrent une guerilla contre le régime en place. Ces années-là sont exceptionnellement heureuses et exaltées: “je n’oublierais jamais le moment ou me fut remis le fusil-mitrailleur, ces instruments de mort étales comme dans une exposition, mettaient de l’avidité aux yeux de tous les combattants” (5) dit Guevara  fasciné par la lutte et les armes. Il avait un but clair, les paysans pauvres qu’il rencontrait dans la sierra confirmaient sa conception d’une lutte pour les dépossédés, enfin tout le mode de vie lui convenait: ce mélange de discipline rigide et de licence, l’abandon des conventions socialmes qu’il détestait, la fratenité des hommes, la solitude quand il le voulait et les pulsions agressives légitimées.

A l’automne 1958, il ouvre un second front dans la plaine de Las Vilas, au centre de l’île et remporte un succès éclatant en attaquant à Santa Clara un train de renfort militaire envoyé par Batista : les militaires s’enfuient, refusant le combat. Une fois la victoire acquise, Guevara occupe la charge de « procureur » et décide des recours en grâce. La prison de la Cabana, ou il officie est le théâtre de nombreuses exécutions, notamment d’anciens compagnons d’armes demeurés démocrates. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, depuis la Moncad à Santiago de Cuba (sous les ordres de Raul Castro), jusqu’ à la Cabana, à la Havane. Il est rare que quelqu’un soit acquitté: c’est soit la peine de mort, soit dix, vingt, trente ans de prison. Les juges improvisée, ne font que suivrent les demandes des procureurs -eux mêmes improvisés-, elles mêmes dictées par Castro, qui ne s’embarasse pas d’arguties légales. La révolution n’est-elle pas source de droit? Au cours des premiers mois de 1959, pendant lesquels il officie à la Cabana, prés de deux cent exécutions documentées sont à mettre à son compte, ce qui lui vaudra à l’époque le gentil surnom de “carnicerito” (le petit boucher) de la Cabana.

Nommé ministre de l’industrie et directeur de la banque centrale à 31 ans, il trouve l’occasion d’appliquer sa doctrine politique collectiviste, imposant à Cuba le modèle « soviétique ». Méprisant l’argent, mais vivant dans les quartiers privés de La Havane, ministre de l’économie mais dépourvu des plus élémentaires notions d’économie, il finit par ruiner la banque centrale. Il est plus à l’aise pour instituer les « dimanches de travail volontaire », fruit de son admiration pour l’URSS et la Chine, dont il saluera la « révolution culturelle » (Simon Leys montra bien que cette dernière ne fut qu’une vaste purge sanglante, prélude à une reprise ne main du pouvoir). En 1952, Cuba occupait le troisième rang sur les 20 pays latino-américains pour le produit national brut par habitant; trente ans plus tard, aprés plus de vingt ans de castrisme, Cuba n’occupait plus que le 15eme rang, juste devant le Nicaragua et Haiti…(1)

Dogmatique, froid et intolérant, Guevara est en complet décalage avec le naturel ouvert et chaleureux des Cubains.Assez paradoxalement (dut penser Guevara), l’obstacle principal à sa révolution collectiviste, ce furent les ouvriers ! Brusquement placé en situation de pouvoir face aux ouvriers, il leur proposa un modèle qu’il croyait évident mais qui était inquiétant : il fallait que les ouvriers soient prêts à se sacrifier pour la révolution, qu’ils la servent sans demander d’avantages pour eux-mêmes !, tout en les dépouillant des maigres avantages et garanties qu’ils avaient acquis au cours des deux décennies précédentes sous Batista. Guevara, qui croyait en la violence dans la paix comme dans la guerre, conçut alors des solutions coercitives ou rééducatives ; Régis Debray fait remarquer (4) : « C’est lui et non Fidel qui a inventé en 1960, dans la péninsule de Guanaha, le premier camp de travail « correctif » » et cite Guevara: « Je ne peux pas être ami avec quelqu’un s’il ne partage pas mes idées » (4), dit ce disciple de l’école de la Terreur qui baptise son fils Vladimir en hommage à Lénine. Par ailleurs, en invitant les ouvriers à s’organiser, Guevara excluait toute idée de défense ou de revendication de la classe ouvrière : la fonction des syndicats était à l’avenir d’expliquer les nouveaux sacrifices (toujours temporaires) présentés comme les devoirs révolutionnaires de chacun : « Nous devons être prêts à sacrifier tout avantage personnel au bien collectif » (6). Guevara avait retrouvé naturellement, dés son accession au pouvoir, le syndicalisme officiel des régimes socialistes, le syndicat comme courroie de transmission.

Il est possible de dresser un bilan de la répression des années soixante: de sept à dix mille personnes ont été fusillées, et on estimait le nombre de prisonniers politiques à plus de trent mille (7). De nombreux camps de concentration, de travail, de rééducation furent construits, ou étaient jetés pèle-mèle, des religieux, des homosexuels, des sympathisants de l’ancien régime (les rares non fusillés) et tout “individu considéré comme potentiellement dangereux pour la société”, ce qui est assez peu restrictif on en conviendra…Globalement, depuis 1959, plus de cent mille Cubains ont connus les camps ou la prison. De 15000 à 17000 personnes ont été fusillées, sans compter les centaines de milliers de “balseros” qui ont fui Cuba sur des embarcations de fortune et dont on sait que prés de la moitié n’a pas survécu. (7) (au passage on pourra faire la “comparaison” avec les 2 à 3000 victimes de la dictature de Pinochet justement condamnée et la complaisance malsaine de la Gauche à l’égard des révolutionnaires Cubains, notamment en France).medium_che-pistol-big.jpg

Désireux d’exporter la révolution dans sa version Cubaine et aveuglé par un anti-américanisme sommaire, il s’emploie à propager les guérillas à travers le monde, selon le slogan (mai 1967): « Créer deux, trois, de nombreux Vietnam », ou bien « Comme nous pourrions regarder l’avenir proche et lumineux, si deux, trois, plusieurs Vietnam fleurissaient sur la surface du globe, avec leur part de morts et d’immenses tragédies… » (1). En 1963, il est en Algérie puis à Dar es salam, avant de gagner le Congo ou il croise le chemin d’un certain désiré Kabila, un autre marxiste, devenu aujourd’hui maître du Zaïre qui ne répugne pas au massacre de populations civiles.

Fin d’un révolutionnaire

Il semble que Castro ait utilisé Guevara à des fins tactiques. Une fois leur rupture consommée, Guevara gagne la Bolivie. Tentant d’appliquer la théorie du « foco » (foyer) de guérilla, dédaignant la politique du PC Bolivien, ne rencontrant aucun soutien de la part des paysans dont pas un ne rejoindra son maquis itinérant : « De toutes les chose prévues, la plus longue a été l’incorporation de combattants Boliviens » (7 ). Alors que dans la  Guerre de guérilla , Guevara avait affirmé le rôle fondamental de la paysannerie et de l’appui de la majorité de la population locale à l’avant garde combattante, comme condition sine qua non, il constatait l’indifférence totale, la peur et parfois l’opposition des paysans. « La peur reste ancrée dans la population », 7 juillet 1967 (7) ou bien « Le manque de contact est toujours total (…), le manque d’engagement de la part des paysans medium_225px-Felix_Ismael_Rodriguez.2.jpgcontinue à se faire sentir » 6 juin 1967 (7). Plus encore : « « La base paysanne ne se développe toujours pas, bien qu’il semble que nous finissions par obtenir la neutralisation du plus grand nombre au moyen de la terreur organisée ; le soutien viendra ensuite » 19 juin 1967 (7) !!! Cette annonce claire du recours à la terreur organisée contre les paysans n’empêcha jamais une partie de ses admirateurs de vanter sa « bonté »…Isolé et traqué, Guevara est capturé le 8 octobre 1967 et exécuté le lendemain, par l’armée Bolivienne.

(1) La lune et le caudillo, Jeannine Verdès-Leroux, Gallimard 1989.

(2) Discours 19eme assemblée des Nation Unies, 11 décembre 1964.

(3) Les habits neufs du président Mao ; Simon Leys, 1975. Champ libre.

(4) Loués soient nos seigneurs, Gallimard, 1996.

(5) Guevara, Souvenirs de la guerre révolutionnaire, 1967 ; Maspero.

(6) E C Guevara « La classe ouvrière et l’industrialisation de Cuba » ; Bohemia 17 jan 1964.

(7) E C Guevara. Journal de Bolivie. Paris Maspero, 1968.

(8) Le livre noir du communisme, Robert Laffon 1998.


Un homme complexe

Sa vie, emplie d’inquiétudes, puis de certitudes (« nous prenons le marxisme avec autant de naturel que toute chose qui n’a plus besoin d’être discutée » (1), enfin de revers sans appel, paraît à posteriori dominée par l’échec, mais il serait sans doute faux de croire qu’il l’avait cherché : l’échec est venu comme une réponse logique à sa méconnaissance du monde et à son hyper volontarisme. L’échec ne pouvait que venir, car à la différence de Castro qui ne cherchait que le pouvoir, Guevara poursuivait lui la transformation radicale du monde et la naissance d’un monde nouveau .

Il y avait bien du Netchaïev en Guevara, mais il avait aussi, ce qui le rend plus complexe, des points communs avec saint Paul : comme lui, Guevara pratiquait ce qu’un exégète appelait « une ascèse athlétique », c’est à dire « essentiellement orientée vers le fruit à porter », et non stérile.(2) Le Guevara pénétré de la misère des populations rencontrées lors de son périple en moto ou celui qui passe quelques semaines comme volontaire dans la léproserie de San Pablo, a quelque ressemblance avec ce missionnaire converti au christianisme. Il était, à un degré moindre que saint Paul certes, un alliage assez rare d’angoisse et de tension positive. Si son discours, pourtant creux et dérisoire sur l’  « homme nouveau » eut une audience, c’est qu’il le prononçait avec une espérance anxieuse : cela devenait autre chose que le discours routinier, froid et inquiétant des apparatchiks bolcheviques sur l’ « homme nouveau ». En définitive ces deux cotés- violence aveugle et quête de perfection- s’entrechoquant au moins dans la première partie de sa vie, le rendaient autrement intéressant qu’un Castro tendu vers le seul but du pouvoir, à vie.

L’échec de l’internationalisation de la guérilla et l’impasse Bolivienne

On sait que Guevara souhaitait créer un deux, trois nouveaux VietNam..En décembre 1964, Guevara fait une tournée internationale de trois mois ou il visite la Chine, l’Egypte, l’Algérie, le Ghana, la Guinée, le Congo, la Tanzanie mais aussi l’Irlande, Prague et Paris ; De retour à Cuba, il s’entretient longuement avec Castro puis disparaît mystérieusement pendant plusieurs mois. En fait il s’embarque incognito pour la Tanzanie, afin d’intégrer l’armée de libération du Congo et de renverser le pouvoir « impérialiste e » en place. Il n’y restera que sept mois, sept mois d’échec à créer une dynamique révolutionnaire. De retour en Europe (Tchécoslovaquie), il commence à songer à la création d’un foyer de guérilla en Bolivie. Pourquoi la Bolivie ? Sans doute parce que ce pays est limitrophe de cinq pays agités de mouvements révolutionnaires (Pérou, Chili, Paraguay, Brésil et son Argentine natale), ce qui en fait une tête de pont idéale pour soulever tout le continent sud-américain. On l’a vu, l’aventure Bolivienne tourne au désastre, non seulement à cause de l’hostilité ou tout au moins de l’absence de soutien des populations locales, mais aussi largement par amateurisme : pas de médicaments (le Che est asthmatique), pas de nourriture (les guérilleros en viennent à manger leur cheval ou boire leur urine !), pas de carte précise et pas de communication radio ! L’isolement, les désertions, les trahisons font le reste malgré le renfort de Danton (Régis Debray, qui de son propre aveu « ne se sent pas mûr pour la mort »…).

Ni au Congo ni en Bolivie Guevara n’est parvenu à créer les conditions d’un foyer insurrectionnel. Reste à savoir si cet homme qui voulait créer « un homme nouveau » voulait gagner ces guerres, ou s’il lui importait d’abord de les mener. La fuite en avant est telle, notamment en Bolivie, que l’on ne peut s’empêcher de penser à une sorte de suicide conscient. Le guérillero écrit dans son dernier message d’avril 1967 : « il faut mener la guerre jusqu’ou l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement, il faut la faire totalement. » Des paroles que ceux qui prennent Guevara pour un martyr christique ont quelque peu opportunément oubliées.

Naissance d’une icône

La mort de Guevara suscita d’abord une incrédulité qui était avant tout un refus sentimental d’admettre que l’idole des révolutionnaires avait pu se faire prendre ; Régis Debray, retrouvant exactement les mots de la religiosité Stalinienne de la fin de la vie du dictateur, déclara : « Le Che n’est pas de ceux qui meurent : exemple et guide, il est à proprement parler immortel, parce qu’il vivra dans le cœur de chaque révolutionnaire. Un Che est mort. D’autres sont sur le point de naître. »(3)

Cette passion pour le révolutionnaire meurtrier qu était Guevara échappe donc au rationnel. En effet, son action décisive dans l’érection de la société communiste Cubaine avec son cortège de meurtres, d’emprisonnement, de déportations, d’exode meurtriers de centaines de milliers de Cubains depuis 1959 n’a bien sur rien d’admirable et suffirait à mettre au ban des démocraties n’importe quel homme, mais pas Guevara !

Son « visage d’archange », notamment sur cette photo célèbre d’ Albert Korda représentant Guevara vêtu d’un treillis militaire, avec béret à étoile, prise en mars 1960, est sans doute un élément de cette passion. Les circonstances de la mort (mystère, assassinat, trahison, panique des autorités, photo « christique » de sa dépouille et mise en scène du cadavre) et son jeune âge (39 ans) sont également importantes dans la naissance du mythe. Que Guevara meure avant la fin de sa vie, si l’on peut dire, encore jeune et assassiné, confortait aussi ce qu’une fraction des révolutionnaires soixante-huitards entendaient par être révolutionnaire : vivre dans l’absence de limites, d’entraves, de régulations de la vie : le révolutionnaire devait être hors norme, étranger à notre condition, fut-ce au prix de la misère d’un peuple et de la mort de nombreux innocents…

« La haine comme facteur de lutte ; la haine intransigeante de l’ennemi, qui pousse au delà des limites de l’être humain et en fait une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer » (1).

(1) Che Guevara, Textes politiques. Paris, Maspero 1968.

(2) Claude Tresmontant. Saint Paul et le mystère du christ. Paris, Le seuil, 1956.

(3) R Debray, Le monde, 13 octobre 1967.

Source ;

Webrésistant

Lecture

septembre 10, 2008

Certains oublient que le communisme et le nazisme étaient bons amis à un moment de l’histoire puis telle une histoire de mafia , une des familles a voulu doubler l’autre …

Voici un livre qui parle de cette alliance ;

Juin 1940 la négociation secrète (Broché)

de Jean-Pierre Besse et Claude Pennetier (Auteur)

Présentation de l’éditeur
Cet ouvrage rend compte de la découverte d’un document d’un exceptionnel intérêt, historique pour l’histoire du communisme en France. Retrouvé sous scellés aux Archives de Paris, un carnet de notes révèle l’argumentaire qui servit de base à la négociation entre Maurice Tréand, représentant du PCF, et Otto Abetz, représentant de l’occupant nazi en France, pour obtenir la reparution de l’Humanité et la légalisation de l’activité communiste en juin 1940. Le texte de ce carnet de notes, reproduit intégralement dans ce livre, éclaire sous un jour nouveau la nature des tractations entre les responsables communistes et les autorités allemandes. L’opposition du Parti communiste français à la guerre” impéraliste “, la défense du Pacte germano-soviétique, la condamnation des ” gouvernements bourgeois ” où figure ” le juif Mandel ” et l’implantation ouvrière du Parti sont les arguments présentés aux Allemands par la direction communiste pour conclure une alliance garantissant la paix sociale dans la France occupée. – Dès le 20 juin, une partie des négociateurs communistes est arrêtée par la police française puis libérée sur l’intervention des autorités allemandes. Ces négociations se prolongeront jusqu’à la fin du mois d’août, néanmoins dès la deuxième quinzaine de juillet, les Allemands doutent de la fiabilité d’un accord et les communistes commencent à comprendre le piège. Dans le même temps, la direction communiste publie clandestinement /Humanité et l’” Appel au peuple de France ” dit ” Appel du 10 juillet 1940 ” demandant de ne pas accepter l’ordre vychiste. Comment des responsables de la direction communistes comme Jacques Duclos et Maurice Tréand ont pu, à ce point, abandonner leurs convictions antifascistes pendant que d’autres, tels Gabriel Péri et Charles Tillon, refusaient de se compromettre et jetaient les bases d’un combat futur contre l’occupant ? A partir de 1941, pendant quatre ans, lés communistes massivement engagés dans la Résistance paieront chèrement ” l’impôt du sang ” ; déportations, fusillades, massacres, tortures… En 1949, un rapport du secrétariat du PCF, resté secret et que ce livre publie, condamnera explicitement les négociations de juin 40…

Source et complément :

http://www.amazon.fr/négociation-secrète-Jean-Pierre-Claude-Pennetier/dp/2708238663

A lire certains , tous ceux qui votent FN , qui soutiennent Sarkozy … sont des nostalgiques du fascisme , du nazisme …

Et ces mêmes gens crient aux scandales si on a le malheur d’assimiler le communisme au maoisme , stalinisme , castrisme …

Ce qui est abérant c’est que ces dictats se revendiquèrent communistes , alors que les électeurs de Sarko et la plupart du FN n’ont rien à voir avec le fascisme -  nazisme …

Attention que certains pro FN sont des nostalgiques de ces régimes sombres , ça personne ne le conteste et tout le monde se rappelle certains élus le bras levé …

Ici ce que je souligne c’est qu’aujourd’hui encore, il est amusant de voir que le tyran rouge qui a fait déporter nombre impressionnant d’êtres humains vers des goulags, était une vraie star pour la gauche  et plus particulièrement pour le Parti Communiste Français (PCF, qui n’a jamais changé de nom).
En témoigne la une du journal l’Humanité, à l’époque organe du PCF (aujourd’hui encore d’une certaine manière).

De ce fait, il est amusant aujourd’hui de voir avec quelle décontraction ces mêmes gens crient au fascisme à la moindre occasion pour blâmer des adversaires.
Peut-être faudrait-il nettoyer devant sa porte avant ?

Mais quand on fouille l’histoire on retrouve la propagande rouge , tel leur sacro-saint “journal” “humanité” qui pleurait la mort de staline …

Alors je suppose que certains vont brailler …

Mao sait tout

septembre 9, 2008

Aujourd’hui,  certains rouges sont d’humeur sombre. C’est en effet le 9 septembre 1976 que Mao Tse Tung disparait.

Le 1er octobre 1949, Mao proclame à Pékin la République populaire de Chine. Cumulant les fonctions de président du Parti communiste et de président de la République, le leader chinois jouit d’une autorité sans partage sur le pays le plus peuplé du monde.

En 1956, après de brutales campagnes de collectivisation, la Chine donne des signes de fatigue. Les communistes tentent alors un virage à droite :
• les paysans bénéficient de lopins plus vastes,
• les grandes coopératives sont éclatées,
• les intellectuels sont encouragés à s’exprimer
• …

Mao, contraint et forcé, approuve cette timide libéralisation mais sent que le pouvoir lui échappe. Dès septembre 1957, c’est la reprise en main. Brutale. Cette fausse ouverture se solde au final par un demi-million de victimes et 400.000 déportés, surtout des intellectuels et des enseignants.

En mai 1958, à gauche toute. Mao lance la Chine populaire dans le «Grand Bond en avant». L’objectif est de dépasser la Grande-Bretagne en 15 ans, grâce à la création de « communes populaires », fondées sur un mode de vie collectiviste, la multiplication des hauts fourneaux ruraux, etc.

C’est un échec épouvantable qui se solde par 30 millions de morts et des famines en chaîne. Plombé par ses échecs, Mao se fâche avec son protecteur et ex-allié soviétique. Moscou et Pékin revendiquent l’un et l’autre la conduite des mouvements révolutionnaires dans le monde.Leur rivalité devient si vive que l’on craint un moment une guerre entre les deux voisins. La Chine entre également dans une querelle frontalière avec son autre grand voisin, l’Inde.

En 1966, Mao lançe la «Révolution culturelle» : il mobilise la jeunesse contre les hiérarques du Parti communiste et toutes les valeurs du passé. Il élimine au passage un ou deux millions d’autres Chinois. Le pays sort exsangue de cette nouvelle épreuve.

C’est l’époque où, dans les universités occidentales, les étudiants issus de la bourgeoisie et les intellectuels tombent en pâmoison à la seule évocation du «Grand Timonier» et son Petit Livre Rouge, un recueil de formules que tout bon révolutionnaire se doit d’apprendre par cœur et de répéter à tout propos. Les représentants des droites européennes, comme Alain Peyrefitte ou Valéry Giscard d’Estaing, n’échappent pas à la «maolâtrie» ambiante.

En 1971, c’est l’idéologie des ultra-révolutionnaires qui prend le dessus. Mettant à profit l’affaiblissement physique et intellectuel de Mao, Jiang Qing, son épouse, durcit le régime et enfonce le pays dans une crise apparemment sans issue.

En 1976, à la mort de Mao, on s’attend à une catastrophe de dimension planétaire. Mais le clan réformiste de Deng Xiaoping prend la direction des affaires.